16 juin 2011

La faillite grecque et la tentation nationaliste

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le repli nationaliste est inévitable, malheureusement, le temps que la crise générale du capitalisme fasse son entrée dans les consciences. L’État grec est en faillite, et si la gauche prédomine encore dans la critique de la situation là-bas, le nationalisme grec est une constante.

Lors de la manifestation d'hier en Grèce, les drapeaux nationaux ont été de sorti, et les médias français ont pu se faire l'écho de la visite du gaulliste Nicolas Dupont-Aignan aux « indignés » de Grèce, pour prendre la parole lors de leur assemblée devant le parlement (son organisation « Debout la République » annonce même : « Nicolas Dupont-Aignan à Athènes pour soutenir la révolte populaire »).

Est-ce étonnant ? Non, cela n'est pas étonnant.

Cela est inévitable, parce que la révolution socialiste est un saut de civilisation, et pour oser le faire il faut une culture gigantesque. On l'aura compris c'est cette culture que Contre-Informations produit, c'est sa perspective d'avenir.

Mais, en attendant que l'avant-garde se renforce, les masses se laissent avoir par la petite-bourgeoisie qui idéalise le passé. Le nationalisme est une idéologie produite par cette nostalgie ; il s'agit d'un romantisme, qui tente d'expliquer les échecs de son monde idéal passé par les fantasmes antisémites.

Ce qui se passe en Grèce est donc, en quelque sorte, exemplaire de l'incapacité de toute une époque. Le capitalisme, grâce à sa modernisation, technique, gère encore ce qu'il peut. Mais déjà les médias parlent tous de la faillite prochaine des PIIGS (Portugal, Islande, Irlande, Grèce, Espagne).

Voilà qui met une claque aux fantasmes d'un monde capitaliste « totalitaire » à la « 1984 », du « nouveau fascisme » etc. Le capitalisme non seulement ne pense pas, mais n'aurait dans tous les cas pas les moyens d'arriver à quoi que ce soit, de par son bridages des forces productives.

La Grèce est tellement en faillite que l'Union Européenne va devoir remettre 12 milliards d'euros sur la table pour sauver son État bourgeois... A moins que ce ne soit 20 ! En fait, personne n'en sait rien, tout est imprécis. Ce qui est certain, c'est que la Grèce doit au moins... 540 milliards d'euros !

Voici le tableau montrant l'évaluation de la situation en Grèce par les « agences de notation », qui pressentent la banqueroute !

Ce qui est aussi certain, c'est que la faillite capitaliste commence à siphonner les réserves accumulées lors de la période d'accumulation, notamment les 30 glorieuses...

Et que les masses, inquiètes de la situation, sont paralysées par l'idéologie petite-bourgeoise social-démocrate, celle des « indignés. » Et lorsqu'il va y avoir mouvement, inévitablement il y aura tentation nationaliste. Parce que le nationalisme a l'air d'être la porte de sortie la plus simple.

Ce qui fait que se concentrer sur le Parti est normal, logique : qui d'autres répondra de manière progressiste aux milliers de questions qui vont se poser ?

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