3 mai 2013

Des « communautés » gay et lesbienne prisonnières du capitalisme

Submitted by Anonyme (non vérifié)


La mise en avant de la question du droit au mariage pour les personnes homosexuelles a fait que, à tort et à travers, on a parlé des gays et des lesbiennes en général. Or, agir ainsi est peut-être conforme à l'homophobie ou à l'esprit petit-bourgeois « ultra-démocrate », mais ce n'est pas une réalité.

Il n'y a pas de réalité homosexuelle planant au-dessus de la lutte des classes, qui formerait même aux yeux de certains une identité « révolutionnaire » en soi. La lutte des classes traverse la communauté homosexuelle qui, par ailleurs et comme le notait récemment la revue gay bourgeoise Têtu, n'existe plus.

La communauté gay et lesbienne, ou plus exactement les communautés gay et lesbienne, ont connu un changement fondamental dans leur nature à partir du début des années 1990. C'est cette modification qui a fait que l'intellectuel bourgeois de gauche décadent Renaud Camus a pu passer dans un élitisme ultra soutenant ouvertement le fascisme.

Ce que regrette Renaud Camus, à sa manière, est l'époque où l'identité gay allait de pair avec un certain élitisme intellectuel ou physique, fruit aliéné de l'isolement social.

Avant lui déjà, Jean Genet a pu célébrer le « monde à part » des gays vivant à la marginalité ; sa littérature si bien écrite consiste en un reportage à la mode expressionniste sur cet « underground » de voyous, de marins, de prostitués, de prisonniers, de marginaux célébrant leur propre isolement social comme prétendument choisi.

Mais à côté du monde Jean Genet et de figures comme « Divine » ou « Notre Dame des Fleurs », il y avait également quelques sphères précises, comme le monde de la danse ou certains secteurs des arts, qui ont servi de refuges et lieux d'expression à des gays qui, sinon, ne disposait d'aucune possibilité de socialisation.

Pour caricaturer, mais en fait uniquement à moitié, les pissotières et certains cercles grands bourgeois formaient les uniques lieux où les personnes gays pouvaient trouver un moyen de trouver la sexualité ou l'amour.

Rien à voir avec ce qui se passe depuis le grand changement des années 1990 : désormais, il y a un puissant capitalisme gay, et le jeune homme qui se précipite dans les backrooms afin de satisfaire une sexualité compulsive façonnée par la pornographie (d'ailleurs violente), n'a plus rien à voir avec la marginalité des gays telle que l'ont connu Jean Genet ou Renaud Camus, qui fréquentait « l'intellgentsia » gay, « raffinée » et cultivée.

Ce n'est pas tout : le pseudo « hédonisme » gay a attiré à lui un certain nombre important de personnes attirées par un mode de vie ultra-individualiste. Être matérialiste dialectique et regarder la communauté gay, c'est s'apercevoir qu'une partie des gays n'est en réalité pas homosexuelle, mais attirée par le style de vie.

C'est très flagrant dans l'attitude de ces gens, faux homosexuels, qui nient littéralement toute l'histoire de la culture de la communauté homosexuelle, de Divine à Eartha Kitt.

Tout cela, bien entendu, est vrai pour Paris et les rares grandes villes, et ce n'est vrai qu'à bien plus petite échelle en province. Mais la dynamique a la même substance... à ceci près que c'est là justement que la question du mariage homosexuel demande une approche vraiment révolutionnaire.

La bourgeoisie de province n'est, en effet, certainement pas prête à accepter le capitalisme grand bourgeois décadent à la mode parisienne. L'hégémonie catholique est vitale pour neutraliser les masses.

Dans ces zones, les gays n'ont pas les moyens de faire pression en leur faveur, car ils ne forment pas un capitalisme « branché ». Ils restent une anecdote plus ou moins tolérée selon les zones.

C'est ici que s'expriment brutalement les questions de classe. Ce sont les couches gays grande bourgeoises qui veulent la GPA. Déjà les entreprises existent qui organisent des mariages gays fastueux, à des prix typiques de la haute bourgeoisie.

Les couches de la bourgeoisie « intermédiaire » liées à la bourgeoisie auraient pu se contenter d'une reconnaissance sous la forme d'une « union civile. » Cependant, elles ont besoin de se renforcer, afin d'assurer leur propre capitalisme.

Aussi soutiennent-elles le libéralisme libertaire d'Europe Écologie Les Verts et du Parti Socialiste.

Enfin, du côté de la petite-bourgeoisie et des classes populaires, les couches gays sont désorientées, car elles ne décident pas du sort d'une communauté qui, de fait, n'existe pas.

Dans les masses populaires, l'homophobie est très largement répandue, qu'elle soit active ou passive ; l'expression démocratique est culturellement forte, mais idéologiquement pratiquement nulle, surtout face aux offensives des religions.

Ainsi, ce qu'on appelle communauté gay est un conglomérat d'associations petites-bourgeoises et bourgeoises, ainsi que d'entreprises, avec le SNEG, le Syndicat national des entreprises gaies, fondé en 1990.

C'est exactement ce que veulent faire les Qataris avec l'Islam de France, en intégrant toute la frange libertaire anti-"islamophobie".

Les fractions du capitalisme achètent des porteurs d'idéologie et des cadres, tout comme les « Talibans » ont été diverses fractions portées par l'Arabie Saoudite, ou encore dans certaines zones aujourd'hui par le Pakistan, ou inversement par l'Inde et la Russie afin de contrer le Pakistan et les USA.

La situation est similaire, en pire, pour la communauté lesbienne. Celle-ci n'existe pas non plus, elle est également fondée sur les associations et les entreprises. L'esprit individualiste capitaliste prime tout autant que chez les gays ; il n'existe pas de moteur démocratique permettant une expression à la base.

Seule la révolution socialiste peut générer des structures démocratiques à la base, populaires, formant des communautés gay et lesbienne qui soient intégrées à la société socialiste.

En attendant donc, les couches populaires gays et lesbiennes souffrent terriblement de la vague homophobe. Elles vivent mieux leur propre réalité qu'il y a 20 ans, pour ne pas dire il y a 40 ans. Mais elles sont exposée. Et le discours radical « queer » est son pire ennemi, car il l'expose comme « chair à canon » de la radicalité petite-bourgeoise face à la bourgeoisie conservatrice.

Pour que les couches populaires gays et lesbiennes s'expriment, il leur faut des moyens, mais seule la Guerre Populaire peut générer une réalité démocratique authentique. Le reste n'est qu'atomisation et dispersion.

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