28 mai 2014

Les socialistes, l'ultra-gauche et le nécessaire front antifasciste

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il existe une différence fondamentale entre les socialistes et l'ultra-gauche, c'est-à-dire ceux qui se trouvent respectivement à droite et à gauche des communistes. Cette différence est que les premiers savent ce qu'est le fascisme, et ils le craignent, alors que les seconds le nient fondamentalement.

Cela fait que les socialistes sont d'un côté des gens pétris de réformisme et d'illusions sur la démocratie bourgeoise. Sincères au départ, ils deviennent carriéristes et opportunistes si jamais ils grimpent dans les échelons du Parti Socialiste (ou du Parti « Communiste » français).

Les socialistes, corrompus mais conscients de ce qu'est le fascisme

Aurélie Filippetti, par exemple, vient d'une famille ouvrière et antifasciste du nord-est de la France. Lors de l'affaire Dieudonné, elle a eu une position en faveur de l'antifascisme. Mais tout récemment, lors du festival de Cannes, elle n'a pas toléré que la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Fleur Pellerin grimpe également les marches de l'escalier rouge.

Elle est intervenu auprès du premier ministre pour que Fleur Pellerin passe par l'entrée de service, pendant qu'elle posait devant les photographes en smoking Yves Saint Laurent...

Un autre exemple de ce type est Julien Dray. C'est un socialiste carriériste, passé par le trotskysme ; grand amateur de montres et de stylos de luxe, il a une carte American Express Centurion, du type grand luxe dont ne dispose qu'une centaine de personnes. Il a accepté d'écrire une chronique sur les montres dans le magazine décadent Lui.

Cependant, il sait exactement ce qu'est le fascisme. Dans une interview au Parisien le lendemain du triomphe électoral du Front National aux élections européennes de dimanche dernier, il dit ainsi avec une grande lucidité :

« Ce qui se passe est d'une gravité extrême. La France, ce soir, est un pays où le premier parti est l'extrême droite. Et où la gauche est au bord d'un KO historique. C'est un jugement sans appel. C'est la condamnation explicite des politiques d'austérité et de régulations budgétaires drastiques. Si la gauche n'est pas capable de le comprendre et de prendre la tête de la bataille pour une autre politique, d'autres vont se substituer à elle et emmener les peuples européens vers d'autres destins funestes. »

Cela est parfaitement clair. Les socialistes savent ce que représente le fascisme, assassin, criminel qui a conduit à des « destins funestes ». C'est pour cela que Manuel Valls, le premier ministre qui rêve d'un destin populiste à la Georges Clémenceau, a expliqué dimanche que :

« Ce scrutin, et c’est ma conviction, est plus qu’une nouvelle alerte, c’est un choc, un séisme qui s’adresse à tous les responsables politiques qui ont la charge d’agir. »

Gérard Filoche, avec sa sincérité authentique, a de son côté asséné que :

« Ce n’est pas une claque, c’est une catastrophe ! (…) Ce n’est pas le moment de dire que c’est une alerte, il y a le feu (…). On va au suicide. »

Quant à Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, il a été ébranlé par le résultat, qu'il ne croyait pas possible encore deux jours avant, et il a constaté que selon lui :

« La France entre dans une zone où tout est possible. »

Ainsi, les socialistes sont clairement corrompus par l’État bourgeois, mais ils sont conscients de ce qu'est le fascisme, en raison des restes de leur tradition historique.

L'ultra-gauche nie le fascisme

Lorsque le PCMLM a annoncé à partir de 2006 que le Front National allait nécessairement renaître de ses cendres et s'affirmer comme force nationale majeure, l'ensemble de l'extrême-gauche en a profité pour l'attaquer, l'accusant de sur-estimer le fascisme, voire même de l'aider en en parlant !

En réalité, l'extrême-gauche était déjà sur une base d'ultra-gauche, niant la nécessité du combat antifasciste. On pourrait définir en fait : est d'ultra-gauche qui à l'extrême-gauche nie la nécessité de l'étape de l'unité antifasciste.

Voici un exemple, typique du genre, de ce que « drapeau rouge » expliquait en 2009, faisant allusion au PCMLM :

« Nos amis paniquent en constatant la résurgence de groupes fascistes, la multiplication relative des actes racistes et antisémites par des groupes extrémistes d’extrême -droite.

Ils estiment que la bourgeoisie a besoin du fascisme car Sarkozy représente à leurs yeux la bourgeoisie industrielle et ne défend pas le capital financier. Il suffit de voir les mesures économiques que prend l’Etat bourgeois dirigé par Sarkozy pour se convaincre du contraire.

La multiplication relative des actes racistes et antisémites a deux sources qui se rejoignent. L’agression impérialiste contre les peuples et l’exploitation des contradictions au sein du peuple par la bourgeoisie sont les sources de la montée du racisme et de l’antisémitisme.

Il ne faut pas sous-estimer les groupes d’extrême-droite, rester vigilants, répondre aux attaques, mais ils sont marginaux et ne constituent pas dans l’immédiat le danger principal, pas plus que le Front national. »

Voilà ce qui était appelé la thèse dite du « fascisme moderne », et qui est en fait commune à toute l'ultra-gauche, qui considère l'antifascisme comme un piège contre-révolutionnaire. C'est une « thèse classique » des trotskystes, des bordiguistes (dont « Auschwitz ou le grand alibi » est un sous-produit prolongeant cette position).

Avec l'émergence très concrète de l'extrême-droite ces dernières années, parfois de manière très violente comme à Lyon, l'ultra-gauche a parfois changé son fusil d'épaule – en apparence seulement. Ce fut la mise en avant d'un « antifascisme radical », qui est une idéologie typique de l'anarchisme et du trotskysme.

L'antifascisme qui se veut « radical » est en fait non pas un antifascisme, mais un discours révolutionnaire contre « tous les fascismes », c'est-à-dire une simple forme modernisée, appelée « antifasciste », d'un discours ultra contre « toutes » les dominations.

Le fascisme n'est pas compris comme phénomène historique propre à la décadence du capitalisme, mais comme idéologie d'oppression « gangrenant » la société. C'est une sorte d'idéologie ultra-démocrate et petite-bourgeoise, qui se prétend radical pour mieux bloquer, dans les faits, l'émergence d'un front antifasciste.

Déjà en 1936, un tel discours avait été développé pour tenter de contrer « par la gauche » les Fronts populaires en France et en Espagne.

S'opposer à l'antifascisme « radical », au nom de la nécessité du front antifasciste

L'antifascisme « radical » est un piège : sous prétexte d'apparaître comme « pur », comme « radical », il vise en réalité à empêcher l'unité des masses, au moyen de positions ultras isolant l'antifascisme.

Tel est le cas de tout le discours faisant de l'antifascisme une « aventure » urbaine de cow boys ayant « compris » le danger et s'opposant individuellement aux fascistes, célébrant le style hooligan « ACAB » (« All cops are bastards » – « tous les flics sont des bâtards »), en en faisant une idéologie totalement indépendante des luttes des classes.

Cet antifascisme « radical », employé historiquement principalement en Angleterre et en Suède (avec les « AFA » – Action antifasciste), s'oppose fondamentalement à la bataille pour les masses proposée par l'Action antifasciste en Allemagne dans les années 1930 (puis sous différentes formes dans les années 1990), par le Front populaire des années 1930 en France et en Allemagne.

Un tel front est absolument nécessaire, conformément aux décisions de l'Internationale Communiste dans la lutte contre le fascisme ; c'est la position du PCMLM qui considère que nous sommes à l'aube des années 1930.

Dans ce processus, il est impératif que les révolutionnaires, dans un esprit de conséquence, se tourne vers la base faisant partie de la social-démocratie, du réformisme. Malgré les illusions et les trahisons de la social-démocratie, et justement contre elles, il s'agit dans un processus à moyen et long terme d'unir sur la base du refus du coup d'Etat, du refus du fascisme.

Mais une telle bataille ne peut pas être menée avec l'ultra-gauche, qui agit systématiquement comme agent provocateur et saboteur, semant le doute et la discorde, menant des attaques personnelles dans un esprit de manipulation, changeant d'opinions régulièrement et louvoyant, tout cela derrière un masque radical. La bataille antifasciste pour les masses signifie, comme tout dans les années 1930, savoir triompher des manœuvres anti-antifascistes de l'ultra-gauche.

 

Rubriques: 
Resume page accueil: 
Il existe une différence fondamentale entre les socialistes et l'ultra-gauche, les premiers savent ce qu'est le fascisme alors que les seconds le nient fondamentalement...